Une étude menée par le cabinet Ceresco en collaboration avec l’INRAE pour FranceAgriMer et Interfel actualise et approfondit le diagnostic réalisé en 2015-2016 sur les pertes et le gaspillage dans la filière des fruits et légumes frais. Les pertes restent globalement stables, malgré l’accentuation de pressions externes comme l’intensification des aléas climatiques et sanitaires, la pression accrue sur la compétitivité économique des entreprises ou encore l’évolution des pratiques de consommation.
Seulement 3% de pertes en déchetterie
Sur l’ensemble de la filière, 30 % des fruits et légumes sont écartés du circuit du frais. Une part importante est toutefois réorientée : 18 % sont revalorisés en alimentation (transformation, don, alimentation animale), tandis que 12 % correspondent à des pertes/gaspillages non valorisés en alimentation (méthanisation, compost, déchèterie ou laissés au champ). Au final, seuls 3% finissent en déchetterie.
Des causes diverses selon les maillons de la chaîne
Les facteurs d’écarts varient selon les acteurs interrogés. À l’amont, les pertes sont souvent liées aux ravageurs, pathogènes ou aléas de production. En première mise en marché, les invendus liés à l’équilibre offre-demande apparaissent comme la principale cause, suivis des non-conformités aux cahiers des charges.
Plus en aval, la qualité initiale des produits et certaines pratiques de gestion des rayons sont davantage mises en avant. Cette diversité illustre la complexité du sujet et la nécessité de solutions adaptées à chaque métier.
Des pistes d’action identifiées par les professionnels
Les entretiens menés tout au long de l’étude ont permis d’identifier de nombreux leviers : amélioration des protections culturales, optimisation des stocks, diversification des débouchés, renforcement des liens avec les structures de don, ou encore adaptations ponctuelles des cahiers des charges.
Les professionnels soulignent également la nécessité d’un dialogue renforcé au sein de la filière pour mieux partager les contraintes et anticiper les effets des aléas.
Consommateurs : des pratiques à faire évoluer
L’enquête auprès des foyers montre que 46 % déclarent jeter au moins une partie des légumes achetés et 38 % des fruits, le plus souvent en très faibles quantités (moins de 5 %). Les légumes sont surtout jetés faute d’ajustement des quantités, tandis que les fruits le sont davantage pour défauts constatés dès l’achat.