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1- Les fruits et légumes frais sont-ils chers ? - Dans l’ensemble, les fruits et légumes sont bons marchés si on achète malin : en saison, en comparant les prix et la qualité. Un fruit acheté hors saison ou en tout début sera forcément plus cher qu’en pleine saison. Le consommateur ayant perdu ces repères saisonniers, n’est plus habitué aux variations brutales de prix (voir calendrier des saisons). La production de fruits et légumes est une production très aléatoire car elle dépend de nombreux facteurs comme, par exemple, le climat (gels tardifs, grêlons, etc…), la demande, les variétés, ou le calibre.
- Les prix des fruits et légumes frais sont très variables (d’une saison à une autre, d’un produit à l’autre, voire même d’une semaine à une autre), essentiellement en raison des aléas climatiques. Cette variation des prix a ses avantages et ses inconvénients :
- Un des inconvénients : le consommateur a du mal à suivre cette fluctuation des prix. Il a du mal à se repérer (connaître le "bon prix" du fruit ou du légume concerné). Chose qu'il est en mesure de faire pour d'autres aliments dont les prix sont plus stables. Nos études montrent que ce sont surtout les consommateurs occasionnels qui trouvent le prix des fruits et légumes trop élevés (étude CTIFL – juin 2006). - Cependant ces prix différents ont un avantage certain : nous trouvons des fruits et légumes à tous les prix sur le marché. Nous pouvons donc adapter nos achats en fonction de nos moyens ! Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses ! - Le saviez-vous ?
Un Français dépense en moyenne 0.90 euros, soit moins de 1 euro, pour acheter 600 grammes de fruits et légumes par jour (ce qui correspond aux recommandations de consommation des fruits et légumes du PNNS). Source : issue des données TNS Worlpanel 2006.
2- Qu’est-ce qui peut expliquer le prix des fruits et légumes ? - Plusieurs métiers pour votre santé et votre plaisir Les fruits et légumes frais sont des produits vivants, fragiles, généralement non stockables. Pour que vous ayez des fruits et légumes de qualité dans votre assiette, il y a différents métiers et savoir faire nécessaires : producteur, expéditeur, grossiste et commerçant (spécialistes et de la grande distribution). Les prix des fruits et légumes frais supportent un coût, du champ au rayon de fruits et légumes. Les différents stades de l’élaboration des produits sont souvent méconnus : travaux aux vergers avant la récolte, puis tri, conditionnement, distribution et mise en rayon, stockage, parfois affinage ; or, ils ont un coût non négligeable qui compte dans le prix final du produit.
- La filière des fruits et légumes est une des filières qui emploie le plus de main-d’œuvre. Principalement, parce qu’il y a peu de productions mécanisables (comme la cerise ou l’asperge). Les carottes, qui ont une production plus mécanisée, ont donc un coût de revient moins élevé. Sur l’ensemble de la chaîne (production-expédition-distribution), le coût le plus important correspond à celui de la main d’œuvre. Par exemple, rien que dans 1 kilo de cerises, vous avez 1,50 euro uniquement pour la cueillette qui est faite à la main ; et il faut une bonne heure pour récolter soigneusement 10 kg de cerises. Par ailleurs, 1 kg de cerises, c’est un dessert pour au moins 5 personnes.
3- Mais pourquoi les Français mangent-ils moins de fruits et légumes ? Est-ce à cause du prix ? Non. On trouve des fruits et légumes à tous les prix et pour toutes les envies. Il y a 40 fruits et 50 légumes disponibles en France en moyenne, chacun peut les apprécier selon ses envies, ses goûts et ses moyens. Par exemple, le coût d’une portion d’abricot (120 gr) est de 0,28 €, ou d’une pomme (portion de 190 gr) 0,28€. (Source TNS 2006). On peut choisir de préserver sa santé en mangeant 5 fruits et légumes par jour (soit environ 600 grammes) pour 0,90 centimes d’euro, soit moins de 1 € Mais on peut aussi se faire plaisir en savourant des cerises de gros calibre très sucrées à Noël, et donc plus onéreuses. Les fruits et légumes frais ne sont pas chers, ils sont perçus comme chers par les consommateurs. - Plusieurs facteurs sont en cause :
- Les nouveaux arbitrages des consommateurs : Les fruits et légumes frais représentent moins de 1,5% des dépenses totales des ménages en 2005 (sources INSEE). Il faut comprendre que la part de l'alimentation dans le budget total des ménages français est en baisse, et atteint 14% en 2006. Et ce constat est d’autant plus vrai pour les fruits et légumes, qui ne représentent que 9,6% du budget alimentaire des ménages (Source : TNS Worldpanel 2006). Les ménages français tendent à privilégier les dépenses liées aux nouvelles technologies et aux loisirs en général : l’alimentation contre « l’i-pod », c’est une question de choix.
- Les évolutions des pratiques alimentaires : Ces évolutions sont particulièrement notoires chez les jeunes générations (cf : étude CREDOC 2006). Les nouvelles générations préfèrent consommer des produits transformés (plats préparés) parfois moins équilibrés et plus chers, mais jugés plus pratiques que les fruits et légumes. Le manque de repère qualité/prix est d’autant plus gênant qu’il y a une perte de connaissance des usages culinaires ainsi que des produits. Le modèle alimentaire se simplifie (moins de plats dans les repas, augmentation des plateaux repas, baisse du temps de préparation). - La question de la « valeur » des fruits et légumes frais (produits bruts) Les fruits et légumes frais paraissent toujours trop chers, car on imagine que ce sont des produits non élaborés offerts gracieusement par la nature. Si le consommateur perçoit (et donc accepte de payer) le coût du travail des ouvriers de l’usine de transformation, les coûts de marketing, du packaging et de la publicité des aliments industriels (ex. : barre chocolatée), il n’en est pas du tout de même pour les fruits et légumes frais. Le consommateur accepte davantage de dépenser de l’argent pour un produit sophistiqué que pour du frais à l’état brut (cf. : étude du sociologue Eric Birlouez : « Fruits et légumes frais : des aliments aux valeurs multiples mais insuffisamment identifiées par les consommateurs » - juin 2006).
4- Pourquoi ne donnez-vous pas de prix annuel en fonction des variétés ? Il n’y a pas un prix mais des prix qui varient selon le calibre, la variété, la période de l’année, l’origine. Ces productions sont particulièrement soumises aux aléas climatiques. Par exemple, Il y a des années où la production est étalée selon les régions et les mois, en revanche d’autres années pour certaines productions, elles arrivent en même temps sur le marché. La situation est tellement variable que c’est impossible de faire des prévisions. Nous disposons cependant : - du prix moyen constaté par le Panel de consommateur TNS, qui couvre l’ensemble du marché, mais est disponible à postériori, - des relevés de prix à la semaine effectués par le SNM (Ministère de l’agriculture), pour certaines références.
Pour en savoir plus :
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